Compte-rendu du 4e Colloque PPAM en Biovallée"Renforcer le rôle des PPAM dans le parcours de soins" - partie 2


Vendredi 13 mars : suite des présentations et conférences ​


La guilde des praticiennes et praticiens en herboristerie

représentée lors du colloque par Laura Marilly-Tomasik, est une association de loi 1901 qui s'est donné pour mission de rassembler et de soutenir les professionnels du secteur exerçant en tant que praticiens. Ce métier, né de la dynamique impulsée par le projet de loi du sénateur Joël Labbé, se définit par une activité de conseil et d'accompagnement au bien-être, sans aucune vente de produits. 

La démarche du praticien repose sur une évaluation globale du bien-être et l'élaboration de programmes personnalisés utilisant les formes traditionnelles de l'herboristerie ainsi que des outils d'hygiène de vie, tels que l'alimentation ou la gestion du stress. Ce positionnement se veut strictement complémentaire et non substitutif aux soins médicaux : le praticien ne pose aucun diagnostic, ne délivre aucune prescription et s'inscrit dans le respect total des professions de santé réglementées. L'association met d'ailleurs à disposition de ses membres un code de déontologie, un guide juridique des bonnes pratiques et un contrat client-praticien afin de sécuriser cet exercice dans un cadre législatif complexe. Au-delà de l'accompagnement individuel en cabinet, la Guilde œuvre à la défense collective de la profession, à la préservation des ressources végétales et à la sensibilisation du public au respect du vivant.


L'association des herboristeries de France

représentée par Juliette Walek, fédère les boutiques spécialisées qui maintiennent l'activité de vente et de conseil au comptoir sur le territoire français. Contrairement au praticien en cabinet, l'herboriste en boutique assure une fonction de sélection et de distribution des plantes médicinales. L'association se donne pour mission de valoriser le savoir-faire de l'herboriste de comptoir, garant d'une qualité de conseil immédiate et d'une expertise dans le choix des fournisseurs.

Elle œuvre activement pour une reconnaissance officielle du métier et une clarification du cadre réglementaire, souvent complexe en raison de la législation sur les allégations de santé et le monopole pharmaceutique. Pour l'AHF, l'herboristerie de détail est un maillon essentiel du tissu local, permettant un accès sécurisé aux plantes en vrac et aux préparations traditionnelles, tout en assurant un rôle d'éducation populaire à la santé naturelle. 


L'association française d'aromathérapie clinique

représentée par Sabrina Boutefnouchet, docteure en pharmacie et professeure à l’Université Paris Cité. Cette association met en valeur une approche rigoureuse et scientifique de l’usage des huiles essentielles en milieu médical et hospitalier. L'objectif central de l'AFAC est de promouvoir une aromathérapie intégrative, où les extraits volatils ne sont pas considérés comme des alternatives de confort, mais comme des outils thérapeutiques complémentaires validés par des données cliniques probantes.

L'association œuvre à la standardisation des protocoles de soins afin de garantir une sécurité maximale pour le patient, notamment en oncologie, en soins palliatifs ou dans la gestion de la douleur et de l'anxiété. Pour Sabrina Boutefnouchet, l'intégration de l'aromathérapie dans les parcours de soins nécessite une formation académique solide des soignants et une sélection drastique des matières premières, basées sur des critères biochimiques et toxicologiques stricts. L'AFAC joue ainsi un rôle de pont entre la recherche universitaire et les établissements de santé, en favorisant le partage de bonnes pratiques et l'élaboration de guides cliniques de référence.


Plantes médicinales en officine : qualité, traçabilité et arbitrages quotidiens

L'intervention de Kevin Burdin, responsable scientifique et formation pour le groupement de pharmacies Anton & Willem, a mis en lumière les défis complexes de la plante médicinale en officine. Fort de son expérience d'ancien préparateur, d'enseignant dans les facultés de pharmacie de Paris, Besançon, Lyon et Grenoble, ainsi que de sa pratique personnelle de cueilleur, il a exposé la réalité des arbitrages quotidiens nécessaires pour garantir la qualité et la traçabilité des produits. En officine, la plante se présente sous des formes multiples — gélules, comprimés, tisanes, vrac ou extraits liquides — associées à des statuts réglementaires variés, mais le pharmacien n'en perçoit souvent que la phase finale. Entre la récolte et la délivrance, de nombreux intermédiaires interviennent, chaque étape de transformation ou de stockage prolongé pouvant altérer la qualité ou entraîner une perte de traçabilité et des risques d'adultération.

La mission de Kevin Burdin au sein d'Anton & Willem consiste à sécuriser ces matières premières en identifiant les risques à chaque maillon de la chaîne, tout en comprenant les contraintes spécifiques des filières. Son action repose sur un triple objectif de contrôle, d'optimisation et de préservation. Il met en place des contrôles rigoureux basés sur un double plan de gestion des risques issu de la littérature scientifique disponible, afin de trouver le meilleur rapport qualité-prix et d'évaluer le compromis nécessaire entre la matière première brute et le risque d'adultération associé. Enfin, il intègre une dimension écoresponsable indispensable en favorisant des filières durables et des pratiques de récolte respectueuses de la biodiversité, afin de préserver les écosystèmes tout en assurant la disponibilité et la sécurité des remèdes naturels pour le patient.

Il a illustré les enjeux de qualité par des cas concrets d'adultération observés en officine. Dans certains lots de reine-des-prés, la partie terminale fleurie était remplacée par des tiges et des feuilles, une pratique liée au coût de récolte : les fleurs, légères, exigent une cueillette manuelle, tandis que les tiges, plus lourdes, permettent un fauchage mécanique. Des anomalies similaires ont été relevées sur l'aubépine, avec la présence de lichens, de bois et d'épines pour une quantité infime de fleurs, ou encore sur la valériane, contenant 8 % de cailloux, soit quatre fois la limite autorisée par la Pharmacopée européenne. Le cas des queues de cerise a également été cité, avec la suppression de lots non conformes en raison de résidus de pesticides dépassant les seuils européens.

Concernant la production française, il note que si la qualité est souvent exceptionnelle, les volumes restent insuffisants en raison de structures de récolte très réduites. Le coût de la cueillette manuelle en France dépasse parfois la rentabilité du produit, rendant difficile l'adéquation entre exigence botanique et besoins du marché. Il a également abordé le concept d'adultération « proactive », parfois sollicitée par les metteurs sur le marché pour standardiser un actif ou réduire les coûts.

Les limites techniques des analyses ont été soulignées : les traitements thermiques ou certains procédés industriels peuvent masquer des contaminants, signifiant que l'absence de détection n'équivaut pas toujours à une absence de contamination. La traçabilité doit par ailleurs couvrir des durées de stockage pouvant atteindre plusieurs années avant transformation. Pour sécuriser l'approvisionnement, il s'appuie sur un ensemble d'outils de validation rigoureux. Cela inclut des analyses chromatographiques (HPLC, GC) pour l'identification et le dosage des principes actifs, ainsi que des analyses ADN permettant l'authentification moléculaire de l'espèce végétale. Recherche de contaminants systématique, ciblant les résidus de pesticides, les métaux lourds, les mycotoxines et les solvants résiduels. Ce protocole doit être complété par une traçabilité stricte des lots et une validation botanique approfondie passant par l'identification macroscopique et microscopique de l'espèce. Face à ces enjeux, il préconise la mise en place d'un cahier des charges fournisseur rigoureux et la mutualisation des productions.


Une dynamique interprofessionnelle pour qui ? Pour quoi ?

Alain Aubanel, producteur et président du syndicat PPAM de France et un membre du bureau de l’interprofession Plantes Actives a abordé

Alain Aubanel, producteur et président du syndicat PPAM de France, a présenté la structure Plantes Actives, une interprofession constituée en 2025. Ce rassemblement inédit regroupe les acteurs de l'amont (production agricole) et de l'aval (transformation et distribution) avec l'ambition de devenir l'interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. L'objectif central est d'obtenir la reconnaissance du statut particulier des plantes en tant que « produits naturels complexes ». L'organisation se structure autour de cinq organisations pour la production, tant industrielle qu'artisanale, et de cinq organisations dédiées à la transformation selon les usages : alimentation humaine, cosmétique et parfumerie, ainsi qu'usage animalier.

Le panorama de l'amont agricole, dressé pour l'année 2024, révèle une filière dynamique avec 21 000 hectares cultivés (hors lavande, lavandin, sauge sclarée et coriandre). La diversité est marquée par 120 espèces cultivées et 300 espèces cueillies, issues d'exploitations de toutes tailles, dont plus de 20 % sont certifiées en agriculture biologique. En aval, la filière irrigue de nombreux secteurs : pharmacie, aromathérapie, compléments alimentaires, parfumerie et applications vétérinaires. Ces acteurs investissent dans de nouvelles méthodes d'extraction et la valorisation des co-produits, tout en répondant aux enjeux croissants de traçabilité et de naturalité au sein d'une filière largement exportatrice.

Les missions de « Plantes Actives » s'articulent autour de la valorisation, de la préservation et de la représentation documentaire de la filière. Pour l'année 2026, l'interprofession s'est fixé des objectifs majeurs, notamment l'obtention de la reconnaissance officielle en tant qu'organisation interprofessionnelle agricole dans le cadre de l'OCM (Organisation Commune des Marchés) et du Code rural. Il s'agit également de porter la vision et les enjeux de souveraineté de la filière dans le cadre des conférences nationales dédiées.


Parole au pays invité : la Belgique

TOUR D'HORIZON DE LA QUESTION DES PPAM EN BELGIQUE

Andrea Cecere, doctorante au TERRA Research Centre, Gembloux Agro-Bio Tech, Université de Liège et Chloé Darge, membre de Folia Officinalis - Bibliothèque, informations et activités spécialisées en herboristerie (et paroles rapportées de Florence Souard, maître de conférence à l'Université Grenoble-Alpes et chargée de cours à l'Université Libre de Bruxelles, enseignante et chercheuse en pharmacognosie et phytothérapie clinique, qui n'a pas pu être présente).

Avant de réaliser ce tour d'horizon de la filière, les particularités de la Belgique ont été rappelées.  Surtout, sa fragmentation linguistique et régionale qui rend difficile la communication et l'organisation entre francophones et néerlandophones. La vision rapportée de la filière flamande n'a donc été que partielle.

Tour d’horizon de la filière, des opportunités et des freins (échelle globale).

Comparativement à ses pays voisins, les PPAM semblent absentes du paysage agricole belge. Très discrètes, elles font l'objet de peu d'études chiffrées, ce qui se traduit par une faible reconnaissance politique. Pourtant, des acteurs sont bien présents et des initiatives émergent, stimulées par un intérêt croissant pour les produits naturels. 

À travers sa thèse intitulée « Les PPAM, un levier de transition agroécologique ? », le premier volet de sa recherche consiste en un diagnostic sociotechnique de la filière en vue d’identifier si ces cultures représentent une opportunité de diversification en Wallonie.  Andrea a réalisé une enquête auprès des professionnels des secteurs concernés par les PPAM et dressé un premier état des lieux de la filière belge. 

L’un des freins majoritaires présenté par Andrea est le manque de structuration de la filière, qui s’observe par un manque de communication entre l’amont et l’aval de la chaîne de valeur, l’absence de coopératives d’agriculteurs ou de transformateurs et une faible voire absence de mutualisation des équipements. Il en résulte la production de volumes très limités et produits peu diversifiés, avec un haut coût de production, peu compétitifs par rapport aux importations. Les débouchés professionnels sont donc très limités dans ces condi-tions avec un faible taux de professionnalisation des acteurs de la chaîne. D’autres freins tels que des obstacles réglementaires sont cités.

Herboristeries et pratiques domestiques (échelle artisanale).

La définition du métier d'herboriste tel que perçu en Belgique a été rappelée : il s'agit d'un vendeur de produits végétaux dédiés à la santé et au bien-être , autrefois lui-même producteur ou transformateur des plantes qu'il proposait au comptoir (rôle relégué à l'industrie aujourd'hui). Alors que la France a vécu la suppression d'un certificat officiel d'herboristerie (et donc le retrait de la reconnaissance de ce métier particulier), la Belgique n'en a jamais vraiment reçu la reconnaissance au départ : toléré comme tout métier de vendeur, l'herboriste navigue dans un cadre réglementaire complexe auquel il n'est pas suffisamment préparé. Les autres professions liées aux plantes médicinales, transformateur ou producteur, semblent être des impensés de l'offre de formation en Wallonie (autre que privée).

La formation professionnalisante "chef d'entreprise herboriste" proposée par les centres IFAPME et EFP a été détaillée dans ses forces et ses faiblesses : la répartition des heures adaptée à la reconversion professionnelle, son coût séduisant par rapport à l'offre privée, la problématique des stages, le manque de place dédié au contexte réglementaire et économique, la précarité du poste d'enseignant qui n'encourage pas l'écriture de cours suffisamment à jour, le manque de communication entre les modules... Au final, très peu d'étudiants qui suivent cette formation se professionnalisent, encore moins comme vendeurs (alors que c'est l'objectif affiché).

En tant qu'énorme frein identifié par l'enquête d'Andrea (et le public de la conférence!), il a bien fallu expliquer la réglementation spécifique à la Belgique. Le fameux arrêté royal qui liste notamment les plantes interdites de la vente alimentaire en vrac, dont certaines plantes majeures de la phytothérapie (Lierre terrestre, Consoude, Scrofulaire noueuse...), et la Commission d'avis de préparation des plantes qui influe de façon assez opaque sur la composition de ces listes. La spécificité fiscale que représentent les accises sur les plantes en vrac et la difficulté à s'installer comme distillateur dans nos régions (un sujet particulièrement épineux), et enfin les organismes de contrôle et services fédéraux de référence.

Les voies d'obtention des plantes pour le particulier ont aussi été explorées : notamment, les différentes qualités disponibles sur le marché et les écarts de prix (et de qualité!) entre les revendeurs et les producteurs, l'absence généralisée de plantes en vrac dans les pharmacies (contrairement à la France), et le cadre réglementaire du glanage à des fins privées.

Alors que la France est devenue riche en groupements et fédérations professionnelles dédiées aux PPAM, on a pu le constater durant ces 3 jours, la Wallonie ne bénéficie que de peu d'organismes vers lesquels se tourner. L'Union Belge de l'Herboristerie, bien que portant ces intentions de défense et fédération depuis 2023, est actuellement en dormance faute de moyens humains. La Fédération Européenne d'Herboristerie ne semble n'avoir de fédération que le nom, et à ce jour aucun groupement ne porte la voix de la paysannerie dédiée aux PPAM.  Côté flamand, la Vlaamse Herboristen Vereniging existe et réunit les herboristes professionnels formés depuis 1990. Une attention particulière a été portée à la fédération professionnelles des compléments alimentaires BE-SUP, déjà connu de certaines personnes du public. En particulier, son lobbying qui semble influencer grandement sur la disponibilité des produits sur le marché belge et protéger certains industriels - cela a occupé une belle partie des échanges qui ont suivi la présentation.

Focus sur la santé naturelle et dispense de soins (échelle sectorielle).

Quelques éléments que désirait souligner Florence Souard ont été rapportés, liés à son vécu d'enseignante et chercheuse en phytothérapie en milieu académique. D'abord, la récente proposition de formations de qualité universitaire en phytothérapie à destination du personnel soignant et scientifique à l'Uliège et l'ULB, ainsi que l'apparition d'une après-midi dédiée à la phytothérapie dans le cursus initial des médecins généralistes à l'ULB qui promet, on l'espère, un meilleur encadrement des patients de la part de ces futurs médecins. Les futurs pharmaciens, eux, reçoivent environ 20h de phytothérapie suivant les facultés. Comme en France, le réseau de professionnel formés est plutôt faible, comparativement à une demande croissante des consommateurs pour les produits de phytothérapie.

Florence a voulu témoigner de la curiosité et de l'esprit d'ouverture du milieu académique belge, qui lui a permis de démarrer notamment un projet de recherche hospitalo-universitaire en oncologie. Une particularité qui promet un bel avenir dans la recherche sur les plantes médicinales et leur utilisation encadrée dans le soin.

Conclusions

Andrea a terminé la présentation de la notre Belgique en soulignant l'émergence d'initiatives nouvelles et innovantes depuis ces 3 dernières années : des projets de recherche (sa thèse et la suite, Aromaroots en Flandre, les recherches cliniques), la structure associative originale que représente Folia Officinalis, les certificats universitaires, les actions de réseautage organisés par Biowallonie et bientôt par le collectif Herb'Etik... En somme, le cadre est propice à l'émergence d'une filière structurée, adaptée à nos réalités climatiques et territoriales tout en s'inspirant de l'avancée française sur le sujet.

Nos impressions

Véronique :

Ces trois jours en Biovallée ont été marqués par une organisation d'une grande fluidité. La prise en charge logistique, des navettes entre l'hôtel et les différents sites de visite, a permis aux participants de se consacrer pleinement aux échanges techniques et scientifiques. La qualité de l'accueil s'est également reflétée dans la convivialité des moments de partage : les repas, variés et généreux, ont offert un cadre idéal pour prolonger les discussions entre professionnels. Le choix des sites, souvent grandioses, a souligné l'ancrage profond de cette filière dans son territoire.

L'aspect humain a été l'un des points forts de ce séjour : lors des ateliers, les barrières entre « scientifiques », « producteurs » et « praticiens » sont tombées avec une facilité naturelle, laissant place à une véritable intelligence collective. Cette atmosphère a été renforcée par le cadre même de la Drôme ; en ce mois de mars, la lumière particulière et l'atmosphère sereine de la vallée ont rappelé avec force pourquoi ce territoire est considéré comme le berceau historique des PPAM et un pionnier de la transition.

Pour Folia Officinalis, cette immersion fut une source d'inspiration et un rappel que la rigueur scientifique gagne à s'épanouir dans un cadre humain et collaboratif. Nous repartons avec le sentiment d'avoir assisté à un événement où la qualité des intervenants égalait celle de l'organisation, mais surtout avec une « boîte à outils » concrète — bases de données, contacts précieux et méthodes d'analyse — qui dépasse de loin les simples concepts théoriques. Enfin, ce colloque a mis en lumière la richesse du lien entre la Belgique et la France : malgré nos différences législatives, il est frappant de constater que nos problématiques de terrain, qu'il s'agisse de qualité, de traçabilité ou de reconnaissance des métiers, sont rigoureusement identiques.

Chloé : 

Je ne vois pas quoi ajouter aux observations de Véronique : j'ai également été touchée par l'organisation fluide, l'accueil chaleureux, les barrières qui tombent entre public académique et profane, scientifique ou paysan... La parole était sincère et suffisamment dépassionnée pour permettre de réels échanges de fond sur nos réalités et ses problématiques, dans le même objectif : celui de renforcer les liens, partager nos diverses visions et expériences, pour une utilisation des plantes médicinales la plus sécurisée et efficace possible. Ce colloque a été véritablement formateur, et représente un événement incontournable du monde de l'herboristerie francophone. 
C'était un honneur d'y contribuer, et un véritable enchantement d'y assister. Il a lieu tous les 2 ans : professionnels du secteur, bloquez déjà votre mois de mars 2028.

Nicolas :

Parti par le chemin des écoliers quelques jours avant le début du colloque, j'ai eu l'occasion de visiter le coin, et particulièrement ses eaux, le Rhône, l'Isère, la Drome et les anciennes gravières d'Eurre. C'est beau, parfois sauvage et impétueux, souvent rocailleux. Puis fut venu le moment d'aller chopper les camarades à la gare et donc de revenir au motif initial de mon voyage : des rencontres entre humains autour de plantes aromatiques et médicinales.

Passées les présentations des trois jours, j'ai été surpris par une volonté commune. En effet, des bottes à la cravate en passant par la blouse blanche, tout le monde vise la même chose : une filière PAM fiable et de qualité. Et cela ne se traduit pas de la même façon chez tout le monde, quitte à passer par des procédés de standardisation, voire d'adultération du produit. L'intérêt de se mettre en discussion, d'exposer les pratiques, les visées et les  exigences de chacun est donc grand, surtout si le but est de "renforcer le rôle des PPAM dans le parcours de soins". Le défi, nous le comprenons, est immense, même quand des filières sont bien établies comme dans certaines régions de France. Alors, comment y parvenir quand la filière est balbutiante, quand le tissus du secteur est quasiment inexistant, comme c'est le cas actuellement en Wallonie ?

C'est la question à laquelle Andrea Cecere et Chloé Darge tentent de répondre dans leurs présentations de l'activité "filière PPAM" en Belgique francophone. C'est un honneur que Folia officinalis ait pu se faire épauler par les travaux menés par Andrea Cecere ! Merci pour tout le travail accompli : ce contenu était tellement absent que ça en est remarquable. Certains verront la situation comme un verre vide, d'autres comme un démarrage. Toute raison de comparaison gardée, ce fut le cas de la filière viticole belge : quelques audacieux pionniers il y a une trentaine d'années, pour en arriver à 350 vignerons en 2025. ( Source : https://auvio.rtbf.be/media/5-minutes-pour-comprendre-5-minutes-pour-comprendre-3455551 ) Tous les espoirs de développement du secteur sont donc permis, et raisonnables.

On y retourne, en Biovallée ?


Sources 

(outre les notes prises lors du  colloque) :

Afac Aromathérapie. (2025, 1 juin). Accueil - AFAC Aromathérapie.
 https://asso-afac.fr/

Association des Herboristeries de France. (s. d.). Association des Herboristeries de France.
 https://www.assoherbofrance.fr/

Distillerie des 4 Vallées. (2025, 12 décembre). Distillerie des 4 vallées - Producteur d’huile de lavande depuis 1930
https://www.lavandes.fr/?srsltid=AfmBOortvs7fL0VLU8zd4znOdPm6-JixypmU29gi-JSFHjKIJOe9YLR2

Guilde Française des Praticien•ne•s en Herboristerie. (s. d.). 
https://www.guildeherboristerie.fr/

HEPNA. (2025, 25 juillet). HEPNA
https://hepna.fr/

L'Histoire de notre réseau de pharmacies spécialisées au naturel | Rejoindre Anton et Willem. (s. d.).
 https://www.rejoindreantonetwillem.fr/lhistoire-de-notre-reseau-de-pharmacies-specialisees-au-naturel.html

Plantes aromatiques et médicinales bio | Laboratoire Nateva. (s. d.). 
https://www.nateva.fr/fr/

Producteur et fournisseur de matières premières aromatiques. (s. d.). Concrete5. 
https://www.elixens.com/elixens/presentation

Vander Meiren Véronique 4 avril 2026




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