Le 19 avril s'est tenu la première édition de Herb'Etik, un projet de dialogue et de structuration des métiers des plantes aromatiques et médicinales en Belgique francophone auquel contribue Folia Officinalis. Nous avons été près d'une trentaine à nous réunir un dimanche pour nous rencontrer, d'abord, et ensuite pour réfléchir à des thématiques pointées par les organisatrices sous forme d'ateliers d'intelligence collective (réseautage, entraide, éthique, professionnalisation, information...).
Voici le compte-rendu envoyé aux participant·es et sympathisant·es, faites-en bon usage.
Pour contacter le collectif : collectifherbetik@gmail.com
Bonjour à toutes et à tous,
Un grand merci à celles et ceux qui ont participé aux ateliers sur l'herboristerie en Belgique — et un mot tout aussi sincère pour celles et ceux qui n'ont pas pu venir : ce compte rendu est aussi pour vous.
N'hésitez pas à partager ce mail avec les professionnel.les des PAM de votre entourage.
Merci à Maud Verstraete pour la rédaction.
Fichier détaillé : Herb'Etik - résumé des ateliers
Ce qui ressort de nos échanges
Les premiers constats sont qu’il y a très peu de choses de concrètes à constater.
Une filière en germination depuis trop longtemps ; un besoin de coopération entre producteur·ices mais un réseau quasi inexistant ; un profond déficit de légitimité de l'herboristerie, une pratique si peu encadrée qu'elle souffre parfois d'une image dévalorisée, le manque de régulation permettant à quiconque de s'autoproclamer herboriste quand ça lui chante ; des relations balbutiantes entre les herboristes et professionnels du monde de la santé, reposant uniquement sur des relations de confiance et de proximité ; un début d’échange avec le monde universitaire ; une envie de collaboration entre les producteur·ices et herboristes, tout en se posant la question du prix juste et de la qualité ; une incompréhension de nos métiers de la part des autorités publiques (Afsca, accises, …) ; des contraintes légales identique à celles de l’industrie mais sans les moyens financiers ; un réel défi de communication auprès du grand public face à la désinformation et à l'essor de l'IA.
Bref un manque de reconnaissance globale du « métier », qui nous épuise et freine son développement alors que celui-ci est d’une richesse infinie, que ce soit au travers des plantes qu’il utilise, qui nous nourrissent de leur univers et de leur merveilleuse complexité, ou encore de son approche globale de la santé et du vivant. Autant de forces qui constituent de véritables leviers institutionnels à activer.
On constate par ailleurs une motivation collective forte et l'envie de construire ensemble. En fait, le constat est que le potentiel est là, tout semble à créer, surtout au regard de ce qui a déjà été accompli ailleurs.
Actions à entreprendre :
Lors des ateliers, il fut frappant de constater que malgré la diversité des sujets abordés, la conclusion est unanime : Il faut mettre en place un CADRE et le RESEAU pour porter, soutenir et défendre les intérêts de nos professions.
Ont également été dégagées un nombre détaillé d’actions à entreprendre pour mettre en place une filière forte qui pourra répondre aux différents enjeux évoqués. On vous met en annexe le résumé des échanges de l’après-midi ainsi que les actions recensées par thème de discussion.
Il est important de noter qu’un état des lieux de la filière PAM existe grâce au travail précieux d'Andréa Cecere (agronome), souligner l'investissement de Biowallonie ces 3 dernières années dans le réseautage, et que l'Union Belge des Herboristes (UBH) pourrait être la structure pouvant héberger les actions futures.
A court terme, deux chantiers simples et rapidement réalisables :
- une base de données des participant·es et du réseau ;
- un forum d'échange entre producteur·ices et herboristes (mutualisation d'outils, de produits, d'informations, entraide).
Ce forum pourrait également être un lieu où l’intelligence collective pourra prendre place pour renforcer nos actions dans les différents chantiers de fond qui vont nous animer dans les prochains mois et années. Ces derniers seront guidés par les actions dégagées lors des tables rondes et pourraient s’enrichir de vos retours. N'hésitez pas à consulter le fichier et à nous partager vos suggestions ou remarques.
Le principal chantier à venir : la tenue d’un Congrès
les 6 et 7 février 2027.
Il sera l'occasion de fédérer la filière, de valoriser nos métiers et d'ouvrir le dialogue avec le monde médical et académique.
Concernant le collectif Herb’Etik actuel, le congrès va nous mobiliser entièrement et nous devrons dédier notre énergie à son organisation. Il reste à constituer une équipe qui prendrait plus à bras le corps le côté structuration de la filière. Si vous vous sentez l’envie ou l’énergie d’y participer, n’hésitez pas à nous faire signe.
Vos suggestions — pour le forum, le congrès, des idées de contact politiques, académiques, du monde de la santé, de l’enseignement, nos camarades flamands, … ou simplement vos préoccupations, vos visions ou propositions d’aide— sont les bienvenues. Chacun peut contribuer à sa juste mesure.
N’hésitez pas à nous contacter par mail ou tout simplement de venir discuter avec nous lors de la Fête des simples de ce dimanche à Jandrain, nous y serons et aménagerons un temps particulier pour en parler avec vous vers 12h à la salle de la Tannerie (2 rue des tanneurs) après la conférence d’Andrea Cecere sur l’état des lieux de la filière PPAM de Wallonie (prévue à 11h - même salle). Vous pourrez également vous rendre au stand de Folia Officinalis (Chloé) ou de Messagère (Carol) pour déposer vos suggestions de vive voix à leurs stands.
Au plaisir de co-construire tout cela avec vous !
Le Collectif Herb’Etik
Carol Tigny – naturopathe et formatrice IFAPME (Villers-le-Bouillet et Dinant)
Sophie Sourdiaucourt – Grimoire & Serpette
Chloé Darge – Folia Officinalis asbl
En photo : les participant·es de cette édition 2026