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La Pharmacie au fil des siècles

par PÖTZSCH Regine

Disponible
Catégorie : Histoire
Éditeur : Editiones Roche
Année : 1996
Pages : 294
ISBN : 3-907770-47-5
Édition :
Langue : French
Emplacement : 9.POT.P
Résumé

« Avec sa palette internationale d'auteurs [ils sont vingt-quatre, de treize pays], le présent ouvrage ne prétend pas constituer un traité d'histoire de la pharmacie : il y manquerait la continuité historique et l'exhaustivité, avertit l'éditrice de l'ouvrage. Plus simplement, ses vingt-deux chapitres autonomes doivent être considérés comme un regard empreint de curiosité porté sur l'évolution de la pharmacie aux époques et dans le cadre des civilisations les plus diverses. » Effectivement, le lecteur est, par exemple, invité à remonter aux origines ou aux temps les plus anciens de l'humanité avec les contributions d'Emanuela Appetiti sur les pratiques médicales des Aborigènes d'Australie, elles-mêmes liées à leur conception du monde (p. 77-90), de Francisco Guerra sur les médicaments indiens de la période précolombienne (p. 35-44) et d'Annemarie Seiler-Baldinger sur les ressources de « la plus grande pharmacopée du monde », la forêt vierge, à nous transmises par les Indiens d'Amérique du Sud (p. 45-60, avec un répertoire de médicaments d'origine américaine). L'Antiquité classique est représentée par deux articles : celui d'Alain Touwaide, L'école aristotélicienne et la naissance de la pharmacologie théorique dans la Grèce antique (p. 11-22) ; celui d'Armelle Debru, Du jardinier à la matrone : thérapeutique et société chez Galien (p. 23-33). C'est à brosser en douze pages un tableau systématique et complet de la pharmacie dans le monde arabe du Moyen âge que s'emploie Jutta Schônfeld (p. 103- 118) : la conception du médicament et de son utilisation ; la littérature pharmaceutique et ses modèles ; les médicaments simples (d'origine végétale, animale, minérale) ; les liquides ; terres et mumie ; remèdes composés ; formules spécifiques des maladies de la femme ; le système arabe d'organisation des pharmacies. L'histoire de la pharmacie en Europe de l'Est est généralement mal connue dans le reste du monde. Aussi apprécie-t-on dans ce volume les articles sur l'histoire de la pharmacie en Russie, par Sergej Averbach (p. 149-166), en Lituanie, par Alfonsas Kaikaris (p. 119-127), en Lettonie par Janis Stradins et Juris Salaks (p. 129-138), en Estonie par Heino Gustavson (p. 139-147), en Bulgarie par Zlatka Dimitrova, qui élargit le sujet à l'histoire de la médecine (p. 91-102) - notons au passage que Kaunas, Riga et Plovdiv ont chacune leur musée d'histoire de la pharmacie. A ce groupe d'histoires nationales de la pharmacie, on peut rattacher l'étude d'Henriette Augusta Bosman-Jelgersma sur la Compagnie hollandaise des Indes orientales (la fameuse VOC) et les relations pharmaceutiques des Pays-Bas avec l'Extrême-Orient, le Japon particulièrement (p. 61-76). Une catégorie particulière de pharmacies, souvent prestigieuses, est étudiée par Arslan Terzioglu (p. 223-232) : les pharmacies de cour dans l'Empire Ottoman, à Vienne et à Salzbourg, en Allemagne et en France. Nuremberg était au XVIIIe siècle le grand centre de l'illustration botanique et le dut notamment au médecin Christoph Jacob Trew (1695-1769), à l'école artistique et scientifique qu'il constitua, à YHerbarium Blackwellianum emendatum et auctum dont il fut l'initiateur et par-dessus tout à ses Plantae selectae (1750 ss.), le plus magnifique livre de botanique jamais réalisé en Allemagne et peut-être dans le monde. C'est ce que Thomas Schnalke expose avec une claire érudition (p. 195-209). Dans Livres conçus par des pharmaciens à l'usage des pharmaciens à l'aube des temps modernes (p. 179-194), Brigitte Hoppe s'attarde d'abord sur des ouvrages qui ne sont pas, ou pas dans leur majorité, l'œuvre de pharmaciens, comme le De proprietatibus rerum de Thomas de Cantimpré d'une part, les herbiers des XVe- XVIIIe siècles d'autre part, avant d'insister, parmi ces derniers, sur ceux des apothicaires Oellinger, Walburger et surtout Weinmann (1683-1741). Elle traite aussi des cabinets de curiosités, des collections de livres rassemblées par des apothicaires, enfin des « premiers écrits pour la formation universitaire des pharmaciens ». Le tout essentiellement dans l'aire germanophone. A retenir, le solide article de Christoph Friedrich sur l'industrialisation pharmaceutique en Allemagne au XIXe siècle (p. 243-255), à la lecture duquel on mesure bien les différences avec la France. Un article de Michael Kessler (p. 167-178), au titre bizarre, porte sur les récipients dans l'officine, singulièrement les vases en faïence anciens. On s'y reportera surtout pour ses seize illustrations en couleur dont les légendes détaillées sont l'œuvre de feue Lydia Mez-Mangold, ce qui est tout dire. Sous le titre Le pharmacien et le médicament dans la caricature (p. 271-282), Christoph Môrgeli brosse un tableau juste et bien venu des différents thèmes sur lesquels les caricaturistes ont brodé, au fil des temps, à l' encontre des pharmaciens et des médicaments - malheureusement sans donner les références précises des œuvres citées. Quant à la contribution du Pr François Ledermann sur saint Côme et saint Damien en Suisse (p. 257-269), son importance justifie que nous l'analysions par ailleurs avec d'autres récentes publications concernant ces deux saints. Si la diversité du contenu de ce volume est l'un de ses attraits, elle en fait aussi la faiblesse. Comme dans tout recueil de ce genre, la qualité des contributions est inégale. Mais il manque ici un minimum d'unité d'ensemble et une ligne directrice. Le titre de certains articles correspond mal à leur contenu ; quelques auteurs s'égarent un peu dans leur exposé. De son côté, l'illustration n'est pas toujours parfaitement adaptée. Cela dit, il y a beaucoup à retenir de cet ouvrage destiné d'ailleurs plus à 1' « honnête homme » qu'au spécialiste et la profusion des reproductions - quelque 280, en grande majorité en couleur - lui confère un indéniable intérêt iconographique en même temps qu'un appréciable agrément. Les laboratoires Roche ont donc été bien inspirés de marquer leur « premier centenaire » par cette publication. Compte-rendu de Julien Pierre, Revue d'Histoire de la Pharmacie Année 1997 313 pp. 85-87