Depuis le papyrus Ebers, les plantes accompagnent les histoires d’amour des humains. Aphrodite et ses roses, les philtres d’amour médiévaux à base de mandragore, ou encore les rituels africains avec le yohimbe nous relatent une part de ces usages. Les végétaux peuvent être utilisés comme alliés du désir et de la passion. À la veille d’une fête populaire consacrée à l’amour, explorons cette fascinante relation entre le désir et les plantes : voici trois ouvrages présents dans notre bibliothèque – un roman, un guide pratique et une référence ethnobotanique – qui révèlent comment les plantes parlent à l’esprit autant qu’aux corps.

Le temps des premiers rendez-vous

Margot Berwin — Lila et les neuf plantes du désir (2009)

Voici un roman de type initiatique sur base de néoshamanisme mêlant magie des plantes et aventures au féminin. Lila, l’héroïne, part à la recherche de neuf végétaux légendaires – de l’orchidée noire à la passiflore envoûtante – dans les jungles du Mexique. Chaque plante y incarne un désir secret. Cette fiction parfumée intègre les plantes au niveau symbolique dans une quête spirituelle et sensorielle. Même si les aspects « magiques » sont amplifiés pour le récit, on peut prendre plaisir à l’entrée poétique des usages traditionnels de plantes. Un livre idéal pour captiver les amateurs de récits symboliques , dont je ne fais pas partie. Cependant, ce roman nous rappelle que les plantes ne sont pas uniquement des molécules : elles portent en elles des histoires, des désirs, une relation intime aux humains.

Les amours brulantes

E. Tomasini — L’extraordinaire pouvoir des aphrodisiaques naturels (1984)

Ce guide pratique est centré sur les plantes réputées aphrodisiaques et propose une approche équilibrée entre traditions (ex. ginkgo biloba, maca) et action physiologique présumée. En bonne materia medica du plumard, l’ouvrage propose des recettes et préparations (infusions, huiles) adaptables en herboristerie, avec des précautions d’usage, et surtout évoque les doses journalières minimales actives (DJMA), ce qui est trop rare. Tomasini détaille également quelques dimensions culturelles. Les plantes citées ont des limites évidentes, n’espérez pas trouver la recette de la poudre de perlimpinpine.

Dopage au plumard

Christian Rätsch — Les plantes de l’amour (2000)

Début des années 1990, cet ouvrage d’ethnobotanique a connu son succès auprès du lectorat germanophone. Ce sont les tristement disparues Éditions du Lézard qui ont édité ensuite cette référence en francophonie. Les illustrations sont somptueuses, parfois rares, et agrémentent une lecture fluide et agréable, même dans les passages techniques. Des rituels amoureux liés aux plantes sont décrits, parfois étranges, souvent inspirants. Rätsch nous, offre une plongée savante mais accessible dans l’ethno-phyto-sexualité.

Cultivez vos désirs comme vous cultivez les plantes !

Que vous soyez attirés par la fiction de Berwin, les recettes ambitieuses de Tomasini ou l’exploration de Rätsch, ces livres nous rappellent une évidence : les désirs corporels des humains et l’usage des plantes sont liés. Que ce soit pour la performance (Panax ginseng), l’inhibition (Vitex agnus-castus) ou la contraception (Latex durex … heu… Hevea brasiliensis), des végétaux nous accompagne jusque dans notre sexualité.

Laissez ces pages guider vos sens, mais n’oubliez pas de revenir à terre… et de chérir le cœur de vos proches. Connaissez-vous d’autres livres à effeuiller avec passion ? Proposez-les nous en commentaires : ils rejoindront peut-être leurs semblables dans notre bibliothèque.