S’il y a bien un cours que j’ai aimé à l’université, c’est le cours de Botanique (Introduction à l’étude des plantes médicinales, plus précisément).

Ce cours décrit comment sont classées actuellement les plantes et se penche sur toutes celles ayant un intérêt médicinal et/ou alimentaire.

Pendant l’étude de ce cours, j’ai été amusée d’observer l’évolution des caractéristiques morphologiques des plantes au fil du temps, leur ayant permis de s’adapter de mieux en mieux, d’espèce en espèce, dans leur milieu de vie. Elles améliorent leur façon de se nourrir, se protéger, se reproduire… Pour en arriver à une optimisation de toutes leurs capacités.

Mais, au-delà de l’extase de la contemplation, il n’apparaît pas vraiment d’utilité à cela. De prime abord seulement…

Les plantes et leur nom

   Les plantes sont présentes sur une grande partie du globe et elles ont été utilisées depuis toujours pour se soigner, se nourrir, etc. C’est d’ailleurs souvent en partant de leurs propriétés médicinales (ou leur aspect) qu’on leur a donné un nom. On parle ici de nom vernaculaire, un nom non-scientifique. Et ce nom varie en fonction des régions dans lesquelles une plante pousse. Mais une plante peut également avoir plusieurs noms dans une même région! Ce qui pose parfois problème…

La classification dans l’histoire

  Les hommes tentent de classer ces plantes depuis l’antiquité. Ces classifications ont d’ailleurs sans cesse évolué. Les débuts ont été tâtonnants, sans règles universelles pour nommer et classer les plantes.

Le Moyen âge se voit surtout compiler, commenter, copier et recopier les ouvrages de l’antiquité.

A partir de la Renaissance, apparaissent de nouveaux essais de classification et on essaie notamment de classer les plantes selon leur morphologie. Le 17e s. marque un tournant car c’est à cette époque que l’on essaie de trouver une nomenclature, c’est-à-dire, une classification faisant autorité, une méthode universelle.

La théorie de l’évolution de Darwin vient ajouter un élément supplémentaire. On se penche alors sur les liens de parenté entre les êtres vivants et ceux ayant disparu, en mettant en évidence des caractéristiques morphologiques qui apparaissent ou disparaissent. On appelle cette discipline la Phylogénie. Le système de classification issu de ce domaine, utilisé actuellement dans l’étude du vivant, est appelé classification Phylogénétique.

Des classifications encore plus précises, allant vérifier les caractéristiques biochimiques et moléculaires des plantes (ADN, molécules produites), existent aussi et confirment souvent les premières classifications.

Il existe un groupe de botanistes travaillant sur la phylogénie végétale, l’Angiosperm Phylogeny Group, qui travaille à la mise en place et à l’actualisation d’une classification des plantes à fleurs, les Angiospermes. L’APG I a été émise en 1998, pour être actualisée régulièrement. La dernière mise à jour date de 2016 (APG IV). Cette classification est la référence pour tout scientifique ou autre corps de métier travaillant avec les plantes médicinales.

    

En classant les espèces végétales et en créant une nomenclature universelle, on s’assure de bien parler de la bonne plante!

Mais… Comment nomme-t-on une plante?

    Le choix du nom scientifique/latin d’une plante est purement arbitraire. Il peut faire référence à ses propriétés (saponaria/saponaire, vincetoxicum/dompte-venin), rendre hommage à un botaniste (le genre Bartschia L. en hommage au botaniste hollandais Bartsch), ou encore s’inspirer de la mythologie (achillea/achillée en hommage au héros grec Achille).

   La nomenclature utilisée est ce qu’on appelle la nomenclature binominale ou binomiale, généralisée par Linné (il ne l’a pas inventée!). 🔎 Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce bon vieux Linné, on peut considérer ce botaniste suédois comme étant le pionnier de la nomenclature scientifique. 

Le principe est de définir une espèce par deux noms latins: le nom de genre (avec une majuscule) et le nom de l’espèce au sein du genre (avec une minuscule). Ces deux mots sont écrits en italique. On précise toujours le nom du parrain botanique (le premier descripteur de la plante) à la fin du nom de la plante et est généralement écrit en abrégé.

Il arrive souvent que plusieurs botanistes découvrent une plante et la nomment avec des noms différents! C’est pourquoi, malgré une nomenclature unifiée, une plante peut posséder des synonymes, auxquels il faut être attentifs.

👉 Le site The Plant List est une mine d’or pour être sûr du nom complet d’une plante, ainsi que pour identifier ses synonymes.

Et une fois qu’on connait le nom, comment être sûr d’avoir la bonne plante devant soi?

La Flore « Bleue » de la Belgique, un outil incontournable…

    Pour être sûr d’avoir la bonne plante en face de soi, il faut bien l’observer. Et surtout… faire preuve d’humilité! Le monde des plantes est subtil et il est facile de confondre deux espèces. Si vous n’êtes pas initié aux plantes, je vous conseille de vous familiariser avec la morphologie des plantes et le vocabulaire qui les décrit. Je vous conseille également de vous affilier à des cercles de naturalistes, des guides-nature qui vous aideront à reconnaître une plante, et quelles sont les étapes pour en reconnaître une par soi-même.

Une fois ce bagage acquis, tout n’est cependant pas gagné! En effet, l’expérience nous montre que chaque petite caractéristique d’une espèce permet sa différenciation d’une autre. Et chaque espèce a ses spécificités propres. Il est donc important pour toute personne souhaitant produire, délivrer ou consommer des plantes de savoir les distinguer les unes des autres, afin d’éviter des accidents causés par des distractions ou des mauvaises interprétations de noms vernaculaires (d’un pays à l’autre: nous faisons référence ici à la fameuse affaire des « Plantes Chinoises » dans les années 1990 en Belgique, nous en parlerons dans un autre article 😉).

☝ Même le scientifique le plus aguerri ne se sépare pas de son livre de référence. Dans ce cas-ci, ce sera une “Flore”, et elle deviendra votre meilleure amie.  

Une discipline qui évolue aussi

La classification botanique, la nomenclature botanique et le baptême des plantes n’ont pas été une mince affaire et tout ce que nous savons actuellement résulte d’un travail colossal. Il faut tout de même garder à l’esprit que ce travail est en constante évolution et qu’une plante peut, d’une année à l’autre, changer de famille botanique. 

👉 C’est pourquoi il est utile de consulter des livres et sites de référence afin de tous parler la même langue.

  Bien connaître la classification botanique n’est donc pas qu’une affaire d’extase contemplative. Cela permet d’être autonome dans ses recherches, de pouvoir approcher les flores (livres) d’une manière plus sereine afin de reconnaître une plante correctement 😊

Voici quelques sites très utiles:

  • The Plant List : répertorie les noms botaniques des plantes du monde entier 😍
  • Je vous conseille également de lire l’introduction du livre Secrets et vertus des plantes médicinales, que nous vous avons présenté il y a quelques semaines. Une mine d’or d’informations et d’anecdotes. Dans ce cas-ci, les pages 17-19 illustrent bien l’article 😉

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